Histoire et patrimoine

Découvrir la ville

Dès la préhistoire notre territoire fut habité, en témoigne les silex taillés retrouvés au Teich puis c’est sur le territoire actuel de la commune du Teich et de Biganos, sur les bords de l’Eyre, que s’installèrent les Bituriges Vivisques, quelques siècles avant notre ère.

Puis dès le premier siècle, avec l’arrivée des Romains, une cité gallo-romaine (appelée Boïos) et un port furent fondés, comme en témoignent les vestiges archéologiques sur le site de Lamothe.

Les dernières fouilles réalisées à l’Est de le l’Eyre ont permis de découvrir les soubassements de bâtiments de l’époque gallo-romaine et mérovingienne, dont un fanum, une chapelle, un entrepôt et un pont.

A l’époque médiévale, afin de se prémunir des invasions par la mer et contrôler la circulation sur la l’Eyre, quelques tours d’observation en bois sur des mottes de terre, furent érigées autour du Bassin d’Arcachon, il en subsiste deux dans le delta. L’une d’entre elles s’élevait à l’emplacement actuel du Château de Ruat. C’est précisément autour de ce bâtiment primitif que fut construit le château, progressivement développé et transformé entre la fin de l’époque médiévale et le XVIIIe siècle, pour devenir la demeure des Captaux de Buch.

Mais paradoxalement, du fait de l’imbrication de plusieurs territoires distincts, la paroisse du Teich ne faisait pas alors partie du Captalat de Buch. Son premier rapprochement n’intervint en effet qu’assez tardivement (en 1735), à l’initiative du captal Jean-Baptiste Amanieu de Ruat.

Depuis 1713, le captalat de Buch était la propriété des Amanieu de Ruat, conseillers au Parlement de Bordeaux, seigneurs d’Audenge et très attachés à cette seigneurie où les racines de la famille s’enfonçaient depuis des siècles. Ils préféraient leur château du Teich à celui de La Teste, vétuste et inconfortable.

Jean-Baptiste Amanieu de Ruat (1676-1739), captal de Buch, possédait de nombreuses terres parmi lesquelles la baronnie d’Audenge et la maison noble de La Ruscade (enclavées dans la seigneurie de Certes), ainsi que le fief de Tagon (dans la paroisse de Biganos). Pour compliquer les choses, la maison de Ruat, où résidait habituellement le captal de Buch, se trouvait dans la paroisse du Teich, qui dépendait de la seigneurie de Certes, possession du Marquis de Civrac.

Pour mettre un terme aux inconvénients qui résultaient de l’entremêlement de leurs terres, Jean-Baptiste Amanieu de Ruat, captal de Buch, baron d’Audenge et conseiller au Parlement de Bordeaux, et Messire Emeri de Durfort, chevalier, marquis de Civrac et seigneur de Certes, s’entendirent pour procéder à un échange de terres.

L’acte fut passé le 30 décembre 1735.

Jean-Baptiste Amanieu de Ruat cédait ainsi au Marquis de Civrac :

– la baronnie d’Audenge,
– la seigneurie de La Ruscade dans Certes,
– le fief de Tagon dans la paroisse de Biganos,
– tout ce qu’il possédait dans la paroisse de Lamothe jusqu’à la rivière de Leyre du côté de l’église,
– le moulin de Ponnau sur le ruisseau d’Arnère, paroisse de Biganos,

Il conservait toutefois les métairies de Caudos et de Balanos dans la paroisse de Mios et tout ce qu’il possédait au lieu appelé « A l’Escarret » dans la paroisse de Lamothe, ainsi que le bois de Groslin situé en milieu de la lande dans la paroisse de Lamothe, fief dépendant de la maison noble de Ruat.
En échange, le marquis de Civrac cédait à Jean-Baptiste Amanieu de Ruat :

– la paroisse du Teich,
– la francaze de Camps,
– les landes qu’il possédait dans la paroisse de Sanguinet.

Jean-Baptiste Amanieu de Ruat perdait le titre de baron d’Audenge, mais ses terres entre les paroisses de Lamothe et du Teich devenaient d’un seul tenant jusqu’à l’océan.

C’est donc à la suite d’une véritable opération de remembrement à l’amiable que le captal de Buch devint seigneur du Teich.

Toutefois, la réunion de la paroisse du Teich et du captalat de Buch sous un même seigneur ne se traduisit nullement par l’intégration réelle du Teich dans le captalat. Les paroissiens du Teich n’obtinrent pas le droit d’usage dans les « montagnes » de La Teste, ni la liberté d’aller faire pacager dans la lande commune aux trois paroisses du Captalat.

Il n’y eut, au Teich, qu’un seul usager : « le dit seigneur et pour sa maison de Ruat seulement » (transaction du 5 mai 1746).

1889

Construction de la Mairie et des écoles

1901

Le conseil municipal décide à la majorité des membres présents de faire installer dix lampes électriques de 32 bougies pour l’éclairage des voies de l’agglomération principale. Cet acte marquera le début de l’électrification de la commune qui se poursuivra jusque dans les années 1930.

1904

Le conseil vote à l’unanimité son adhésion à la création d’un réseau téléphonique départemental et y alloue une somme de 200 Francs.

1907

Création d’un corps de sapeurs pompiers. Le conseil décide en outre de supporter le coût de l’installation du service téléphonique au bureau de Poste ainsi que les dépenses résultant des dispositions à prendre pour sauvegarder le secret des télécommunications.

1920/1921

Approbation de l’avant-projet de l’architecte M. Gervais pour la reconstruction de l’église. La nouvelle église sera consacrée le 17 août 1924 par le Cardinal Andrieu, Archevêque de Bordeaux

1925

Début de l’électrification de la voie ferrée. Création d’une cantine scolaire. Construction du monument aux morts qui sera achevé en 1926. Création de l’école de musique

1926

Création d’un poste de médecin municipal

1927

Création de la « Jeunesse Sportive Teichoise » (JST). Adoption du projet de réseau d’amenée et de distribution de l’énergie électrique présenté par la Société d’Energie Electrique du Sud Ouest pour un montant de 388 200 Francs. Le projet d’éclairage public est également adopté pour un coût de 32 865 Francs.

1930

Arrêté municipal créant le premier service de nettoiement et de ramassage des ordures domestiques.

1931

Adoption du projet de construction de la salle des fêtes pour un montant de 235 200 Francs. Celle-ci sera inaugurée le 6 août 1933.

1933

Achat et aménagement du terrain de sport pour une somme de 123 996 Francs.

1937

Le conseil décide qu’à partir du 1er août le bénéfice de la semaine de 40 heures sera appliqué au personnel municipal.

1938

Un incendie ravage 24 000 arbres de la forêt communale le 21 mars.

1939

Décision du conseil municipal pour la création, sur plusieurs années, de l’avenue de la gare pour un montant de 210 000 Francs (non compris le bitumage) après une procédure d’expropriation qui aura duré 6 ans.

1940

Le conseil décide la création d’un jardin communal pour aider à l’approvisionnement de la cantine scolaire. Monsieur Dumartin signale que le terrain de football devient impraticable suite aux manœuvres effectuées par les troupes d’occupation et souhaite une intervention auprès de l’officier commandant pour que les manœuvres des chars n’aient plus lieu sur ce terrain.

1941

Le conseil charge Monsieur Le Maire de faire toutes les démarches utiles pour que l’installation d’un téléphone à la mairie soit faite au plus tôt.

1961

Inauguration de la nouvelle mairie le 16 avril par le Général De Gaulle, Président de la République, René DAURIAC étant maire.

1972

Aménagement et création du Parc Ornithologique sur d’anciens réservoirs à poissons.

1984

Aménagement du port et de la baignade.

1989

Inauguration de la nouvelle mairie le 21 janvier. Relance des fêtes de la ville (avec la célébration du bicentenaire de la révolution française) qui deviendront les fêtes du Delta puis en 2004 le festival Musicoteich. 

1990

Création d’une maison de la solidarité : la maison face à la mairie est aménagée pour regrouper tous les services à caractère social de la commune (CCAS, CLI, PAIO, CLCV, etc.) pour la constitution des dossiers d’aide sociale ou de couverture maladie universelle, l’aide aux personnes handicapées, la carte invalidité, l’aide aux personnes âgées, pour l’accès aux maison de retraite, etc.

1991

Réfection du clocher de l’église dont la pointe menaçait de s’effondrer, de la toiture en ardoise de la sacristie, et décapage des murs intérieurs.

1994

Construction et livraison des logements sociaux de la résidence Pierre Dubernet au centre ville.

1995

Ouverture de la Maison de la Nature du Bassin d’Arcachon. Equipement de 1400 mètres carrés du Parc Naturel régional des Landes de Gascogne, réalisé pour un montant de 8 millions de Francs à l’entrée du Parc Ornithologique, et qui permet l’hébergement de groupes (62 lits) en chambres individuelles, la restauration, l’animation, l’accueil de classes ou de séminaires, la pratique du Canoë et du Kayak de mer.

Depuis 1995

Création de pistes cyclables qui forment aujourd’hui un réseau connecté à celui de la COBAS et du Conseil Général de la Gironde.

1996

Le conseil municipal adopte le premier Plan d’Occupation des Sols (POS) à l’unanimité le 26 juin. Création du comité des fêtes de Camps, de Balanos et du Burgat. Création de la zone d’activités économiques de Sylvabelle sur une première tranche de 19 500 m²

1997

Construction et livraison des logements sociaux de la résidence Les Baccharis sur la friche industrielle de l’ancienne usine Manustok à l’entrée de la ville réhabilitée. Création d’une déchetterie.

1998

Implantation et ouverture en septembre d’un collège de 400 places pour 4469 mètres carrés et un investissement de 40 millions de Francs. Création et ouverture (le 5 mai) d’une crèche – halte garderie.

1999

Mise en place de l’assainissement collectif à Balanos pour un montant de 4 millions de Francs.

2000

Construction et livraison de la résidence Le clos des Osmondes, qui regroupe 34 logements sociaux individuels avec jardins sur le reste de la friche industrielle de l’ancienne usine Manustok à l’entrée de la ville.
Fin du programme d’extension et de rénovation du groupe scolaire du bourg. Création de l’accueil périscolaire. Fermeture du dépôt de boues des stations d’épuration de Balanos. Ouverture, le 15 avril, de la grande boucle du parc Ornithologique.
Rénovation du centre ville (mise en souterrain des réseaux, création de trottoirs et de stationnements, plantations, nouvelle place, jardin des écoles…

2001

Création d’une police municipale. Ouverture à la circulation de l’autoroute. Création de la seconde tranche de la zone d’activité de Sylvabelle sur 5 000 mètres carrés.  Création de courts de tennis, d’un vestiaire et d’un club house pour le Tennis Club du Delta.

2002

Construction d’une nouvelle salle de sports à la plaine des sports.

2004

Ouverture du nouveau groupe scolaire Val des Pins. Création d’un marché municipal hebdomadaire. Création de l’espace jeunes.

2006

Adoption du Plan Local de l’Urbanisme en remplacement du POS au conseil du 11 juillet. Livraison de la résidence Terre Marine, rue saint André, première opération de logements de mixité sociale sur la commune. Création de la résidence Les Allées du Delta, rue Saint-Louis.

2007

Inauguration de la résidence du Hourney, première opération qui comprend des logements en accession sociale. Ouverture de la résidence de tourisme Rives Marines. Inauguration de la nouvelle caserne des pompiers. Inauguration de la nouvelle base du club de canoë-kayak. Inauguration du pôle multimodal de la gare. Et pour la première fois sur la commune et l’agglomération, création d’un réseau de transport urbain. Jumelage de la ville du Teich avec la commune espagnole de Briones, située dans la province de la Rioja, très réputée pour son vin.

Ce nom vient de « castellare » (en bas-latin : camp ou ouvrage fortifié). Le plus célèbre est le Castéra de Lamothe-de-Buch ou du Teich, situé sur la route entre Facture et le pont de l’Eyre, sur la droite après le premier petit pont de l’Eyga. Le château féodal qui y fut construit au moyen âge abrita les seigneurs de Lamothe et les captaux de Buch (ces derniers s’installèrent ensuite au XIVe siècle à La Teste-de-Buch). Haute de 10 mètres, cette « butte » avec basse-cour et double fossé dominait la cité de Boios, capitale gallo-romaine du pays de Buch et première résidence du captal de Buch (captalis Boiorum). Elle protégeait notamment son port intérieur, formé dans le bassin aux eaux stagnantes que l’on appelle l’Eyga et qui communiquait alors par le ruisseau d’Ameyre avec l’Eyre par un « goulet » et un « culet ». Des monnaies romaines du bas Empire ont été trouvées au sommet de la butte. Au moyen âge une tour s’y élevait, mais elle fut démolie à la fin du XVIIIe siècle.

A Audenge, à l’embouchure de l’Eyre, il existait un castéra, qui fut nivelé, avec fossé circulaire à moitié visible de nos jours. C’est le marquis de Durfort de Civrac, seigneur de Certes, qui, pour construire son nouveau château d’Audenge, fit démolir celui de Lamothe dont il était aussi seigneur.

Un castéra se dresse sur la commune de Mios, près de la station de la Saye, sur la rive droite de l’Eyre, en bas de la station préhistorique du Bourdiou. Cette petite butte artificielle qui défend l’entrée de l’ancien petit port formé par l’embouchure de la Saye est actuellement perdue dans les broussailles.

En remontant l’Eyre, on trouve le Castéra de Salles, antique Salomacum (marché de sel) et ancien château fort, près de l’église. Elevé pendant la guerre de Cent ans, ce fort défendait un ancien port formé par l’embouchure du ruisseau de Camelave. Il fut pris d’assaut par les anglais (première moitié du XVe siècle), puis repris et démantelé par les français. Il en reste la Maison du Castéra, bâtie sur ses fondements.
Plus au Sud, sur la rive gauche de l’Eyre, au « Vieux-Lugo, il y a au Sud-Est de la vieille église une butte avec traces de fossé, dominant un bassin de plan losange communiquant avec l’Eyre les jours d’inondation. L’ouvrage défendait vraisemblablement un ancien petit port (confirmé par vues aériennes).
A Belin, là où la route romaine de Bordeaux par Le Barp passait l’Eyre, on peut voir la butte du château de la reine Aliénor d’Aquitaine, dominant un ancien méandre asséché de l’Eyre qui formait naturellement un port défendu par deux buttes, dont l’une conserve encore des créneaux en terre.

Plus en amont, toujours sur l’Eyre, la commune de Biganon (Landes) possède un lieu-dit « Castra », sur un promontoire, et à Saugnac (et Muret), une butte dite les « Trois-Castra » domine un petit marécage qui a dû être un ancien port.
Citons enfin, au Nord Ouest du bassin d’Arcachon, entre Lège et l’Océan, dans les dunes côtières où passe le chemin de la plage du « Crohot » (« trou d’eau » en patois landais), un autre Castéra, enseveli dans les sables, mais qui communiquait avec la mer par une route. A l’époque anglaise, un château y aurait été également construit. Des matériaux provenant de ce château ruiné auraient servi à édifier une des premières églises de Lège.

Comme on le voit, les bords de l’Eyre étaient à l’époque romaine et au moyen âge, jalonnés et défendus par des postes fortifiés, tous appelés « Castéra ».
L’étude de ces « castéra » permet aujourd’hui d’ajouter à leur liste une autre butte dont l’importance a pu être significative. Il existe en effet, sur la petite Leyre ou l’Eyrotte, qui passe devant Le Teich, bien avant le bourg et le château de Ruât *(qui défendait lui aussi l’ancien port au lieu-dit « La Moulette »), donc en aval et à l’Ouest de Lamothe, un petit mamelon surnommé en patois « Le Pujau » ou « Fort des Anglais », et, sur le cadastre de 1849, « la Redoute ». Il s’élève sur la rive droite de l’Eyrotte dans une boucle que forme cette ramification de la rivière avec une autre maintenant oblitérée, nommée « le Leyrot », qui remontait vers le Nord et contribuait à former un vrai delta. Cette défense naturelle, merveilleusement choisie, était complétée par un fossé circulaire, aujourd’hui marqué par une abondance de roseaux.

Ce mamelon mesure 30 mètres environ de large, avec une hauteur de 4 à 5 mètres qui tombe, au Nord, à pic dans le fossé. Au Sud, une basse-cour de même largeur rappelle la disposition du Castéra de Lamothe. Des tuiles à rebords découvertes sur les lieux autorisent à voir là un petit castéra romain. Il semblait défendre le bras méridional du delta et, sans doute, un petit port naturel que l’on appelle le « Gurp » ou « Gurt » de la Bignasse (ou Vignasse).
Sur la rive gauche de l’Eyrotte, presque en face du Pujau, existe en effet un trou remarquable, d’environ 20 mètres de long et 15 mètres de large. Sa profondeur, étonnante dans une région marécageuse qui se colmate facilement, était, paraît-il, il y a quelques années, de 7 à 10 mètres. M. Dauriac, ancien maire du Teich, disait avoir jadis constaté au moins 7 mètres, concédant toutefois qu’après les débordements et l’apport des boues de la Cellulose du Pin (qui déversa longtemps ses eaux-vannes dans l’Eyre), il ne trouvait plus que 3 mètres de fond : la même profondeur que l’Eyga. Ce Gurp était le vaste estuaire, un peu resserré à chaque extrémité, d’un petit estey dit « Moun Estey ». Qu’il se soit maintenu dans sa largeur, sinon dans sa profondeur est une chose surprenante : son nom d’ailleurs dénote un fait ancien et impressionnant, puisque le mot « Gurp » veut dire gouffre. Au Teich, on dit aussi « Gurt », nom plus ancien peut-être et dérivé du latin « Gurges, gurgitis », qui signifie gouffre. Quant au mot Vignasse ou Bignasse, il rappelle sans doute d’anciennes vignes, comme La Vignotte à Audenge ou La Vigne au Cap-Ferret.
Ne serait-ce pas là le bassin d’un ancien petit port pour les pinasses de jadis, aux formes pointues, d’origine antique et mystérieuse ?

A l’appui de cette hypothèse, quelque 30 mètres à l’Ouest, en aval, sur la même rive, exactement face au « Pujau des Anglais », émerge des prés marécageux un ensemble de petits mamelons nommés « lous Pujolets », les petits Pujaus ou Puys. C’est d’abord un monticule ovale de 60 mètres de long, s’élevant de 1m50 aux extrémités Est et Ouest. Un ancien fossé l’entoure, de 15 à 20 mètres de large, garni maintenant de roseaux et limité extérieurement par un reste de talus concentrique. De plus, au Nord-ouest, ce talus se prolonge et se rattache à une troisième petite éminence quadrangulaire, dont le bord nord, abrupt, domine la rive de l’Eyrotte. Ajoutons que ces trois « pujolets » sont eux-mêmes encadrés et défendus par l’estey du Gurp et un autre ruisseau ou « craste » à l’Ouest.

Cet ensemble dénote bien l’organisation d’un port avec ouvrages défensifs sur les deux rives, fermant ou surveillant son accès.

Le Pujau, cependant, semble remonter à l’époque romaine comme les « castéra » de la région, puis avoir été réemployé par les Anglais, d’où son nom : « Pujau des Anglais ». Ceux-ci, pour renforcer sa défense, durent construire, en face, un autre bastion moins important, fait de palissades et de fossés entourant des tourelles en bois pour verrouiller plus aisément l’entrée de la petite base navale établie dans le « Gurp de la Bignasse ». Ce gouffre, dont le nom impressionnant et mystérieux a traversé les siècles, semble bien être d’origine géologique, comparable peut-être au fameux « trou de Saint-Yves », qui se trouve au pied des villas d’Arcachon, à l’Est de la Croix des Marins et de la Jetée de Notre-Dame.
* N. B. Le château de Ruat, au Teich, était lui-même défendu par une Redoute, au Nord, sur le bord de l’Eyre (cf. vieux plan, XVIIIe siècle, conservé à la Bibliothèque du Muséum d’Arcachon).

Source : Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch

L’église, dédiée à Saint André, comme beaucoup de paroisses du diocèse de Bordeaux, subit au moins trois transformations, la dernière, durant les années 1922/1924, étant une transformation complète, car la grosse tour du clocher menaçait ruine. Propriété de l’Etat depuis la loi Combes de 1905, il n’était pas possible de faire supporter à la commune une nouvelle construction. En fait, ce fut la Compagnie du Midi qui finança indirectement un bon tiers des travaux.

L’église rebâtie sur le modèle de Sainte Anne d’Auray, rappelle la végétation locale : pommes et aiguilles de pin habilement stylisées. Les vitraux modernes, d’un bon dessin archaïque, ont été offerts par des familles teichoises.

L’église Saint André du Teich, bâtie en style néo roman en 1923-1924 abrite une statue de saint Jacques pèlerin en bois polychrome du 17ème siècle ainsi qu’une statue de la vierge en bois que les marins imploraient quand la sardine venait à manquer. On retrouve dans la décoration intérieure les symboles du pays : pommes et aiguilles de pins. Quelques oeuvres d’art, rescapées des précédents édifices religieux figurent en bonne place dans la nef et le choeur.

Cet édifice aujourd’hui restauré et conservé, a subi les outrages du temps. On raconte que les ouvriers qui ont mis la haute tension vers 1923 ont démoli son fronton et le devant de la fontaine qui formaient auparavant un petit monument religieux s’apparentant à une chapelle. On dit également que la pièce de pin au coeur duquel elle est située a été incendiée après l’explosion d’un wagon de munitions allemand durant la seconde guerre mondiale.

Dans les années 1950, la fontaine était partiellement enterrée, et on ne voyait plus que la voûte faite de pierre calcaire et recouverte de blocs d’alios.

Dans un article de la Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch (1975), l’Abbé BOUDREAU raconte : « Elle mesure 1 m 50 environ dans les deux sens, en longueur et en profondeur, depuis que nous l’avons nettoyée avec des braves gens du quartier, cheminots spécialement. Dans la margelle se trouve un tronc creusé dans la pierre et qui s’ouvre à l’intérieur de la fontaine, ce qui permet aux géné­reux visiteurs et dévots de donner d’un côté et aux « loustics » de reprendre de l’autre ! »

La fontaine est surmontée d’un petit édifice avec une niche sur laquelle on déchiffre les dates 1645 et 1650. Cette niche désormais vide abritait jusqu’en 1772 la statue de Saint-Jean, patron de Lamothe.

Dans ses Découvertes Archéolo­giques dans le Pays de Buch, le Docteur Peyneau écrit au sujet de la Fontaine St-Jean de Lamothe :

« Elle était autre­fois l’objet d’un culte qui est peut-être d’origine celtique et antérieur à la conquête romaine. (Disons plutôt qu’elle était une halte des pèlerins de Compostelle qui passaient par là en suivant la « levade » ou « leouade » de Balanos.) Elle avait même la réputation de produire des miracles, mais elle a perdu ses vertus depuis que la vogue l’a désertée avec la foi, et qu’elle n’exerce plus l’attraction des foules. La source en est tarie, du moins elle était vide quand je l’ai visitée (Edition 1926). »

Source de miracles et de guérisons, on y trouvait souvent des linges déposés par les malades, superstition assez répandue dans les Landes.

Informations tirées du Bulletin n°6 de la Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch (1975)

Source : Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch

Le delta de la Leyre est un grand puzzle de milieux naturels fait de multiples pièces imbriquées : marais boisés, prairies humides, roselières, domaines endigués, pré salés, bancs de sable au gré des marais !

Comme tous les deltas du monde, c’est une zone humide  protégée qui joue un rôle essentiel pour la faune et la flore.

La commune du Teich en partenariat avec le Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne, le Conseil général de la Gironde ou le conservatoire du littoral, contribuent à sa valorisation et à sa protection ; le delta de la Leyre est ouvert au public qui peut le découvrir en toute liberté sur des sentiers aménagés pour respecter cet environnement exceptionnel.

LA CONSTRUCTION DU CHÂTEAU DE RUAT ENTRE LE XVÈME ET LE XIXÈME SIÈCLE

Protection :

Façades et toitures sont inscrites à l’I.S.M.H (inventaire supplémentaire des Monuments historiques) depuis le 05-11-1970, à l’exception de la tour ronde à mâchicoulis (cadastre C 247).

Historique :

« Ce château est situé près de la route de La Teste à Bordeaux, dans une situation charmante qui domine le bassin d’Arcachon ; il est ancien et l’on retrouve de ses traces depuis le XVIè siècle. Il appartenait alors aux Castéja, qui avaient le titre de chevaliers. Dans un acte de l’an 1578, Jean de Castéja est appelé « seigneur de Ruat » ; plus tard il devint la propriété des captaux de Buch, mais ne joua aucun rôle féodal jusqu’au XVIIIè siècle.

En 1713, l’héritier des Epernon, ayant vendu toutes ses propriétés de Guyenne, Jean Amanieu de Ruat, conseiller au Parlement, acheta le Captalat de Buch et le château de Ruat, dont il prit le nom, et où il établit le siège de sa seigneurie, dont la juridiction s’étendait sur les paroisses de La Teste, Cazaux, Gujan et Le Teich. (…) L’on voit dans les titres de l’époque que, vers le milieu du XVIIIè siècle, les habitants de la contrée de Buch eurent des démêlés avec leur seigneur et les privilèges dans la forêt de La Teste ; et après des procès qui durèrent longtemps, il fut fait une transaction en 1759, par laquelle les habitants des provinces de Gujan, La Teste et Cazaux purent prendre du bois dans la forêt de La Teste, ainsi que ledit qui put y prendre tous les bois « pour l’usage et service de sa maison de Ruat ».

Le captal de Buch, François Amanieu de Ruat, (…) n’eut qu’une fille qui épousa M. de Lauzac de Savignac et lui porta en dot le château de Ruat, dans lequel ne se passa aucun événement remarquable pendant la Révolution et l’Empire et jusqu’en 1845. Cette année-là, le château fut vendu à M. Festugières. C’était un édifice peu considérable qui ne présentait pas de traces de fortifications. 

M. Festugières l’a complètement remanié en 1847 et en a fait le château moderne, qui est un rectangle à toit conique flanqué de pavillons de diverses formes et d’une tourelle crénelée ; les appartements y sont vastes, bien distribués et les pavillons recouverts de plantes grimpantes donnent une physionomie pittoresque à cet édifice.

Les alentours de Ruat sont magnifiques et se composent de parterres, de prairies, de massifs de verdure et d’une garenne de chênes qui semblent étonnés de se trouver là. (…) M. Festugières arrangea si bien les alentours du château, qu’il obtint en 1858 une médaille d’or de la société zoologique. (Archives de la Mairie de Gujan. – Titres officiels. – Almanach de1760. – Baurein, Variétés bordelaises. – O. Déjean, Arcachon et ses environs. – Jouannet, Statistique de la Gironde. – Renseignements locaux. – visité en 1870) ».

Extrait de Guillon, O. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Degréteau et Poujol, 1866. Tome I.

Quelques images du Teich…

Photos du Teich, de 1945 à 1990